Spirituel ou conscient ?

Spirituel ou conscient ?

Le monde est en plein éveil. La spiritualité - qui concerne par définition l’accès/l’étude à ce qui considéré comme une réalité distincte de la matière visible - est en plein essor.

Il est en effet temps que nous nous rappelions que nous faisons partie d’un tout et que ce tout fait partie de nous.

Ainsi, les expériences suivantes deviennent de plus en plus communes et assumées (liste non exhaustive) :

- étudier la véritable nature de notre réalité, la physique quantique

- découvrir et partager les secrets et les dynamiques cachées de ce monde

- reconnecter avec des mémoires de vies antérieures

- contacter et expérimenter notre nature multidimensionnelle

- communiquer avec des personnes décédées ou des êtres sur d’autres plans de réalité

- etc.

Toutefois, à mon sens, le développement de la conscience - c’est à dire la capacité de reconnaître et de ressentir des aspects de soi ou du monde extérieur - ne se fait que peu au travers de ces aspects là. Même s’ils participent à l’ouverture de notre conscience, et sont aussi très intéressants et utiles à explorer.

Ils peuvent en effet avoir un pouvoir ré-activateur en nous mais aussi donner du contexte et du sens à notre existence et à nos expériences. Mais cela ne changera pourtant pas en profondeur la personne que nous sommes aujourd’hui dans cette vie.

Explorer d’autres mondes ne fait pas forcément de nous un humain plus présent dans celui-ci.

La plupart du temps, et particulièrement au début de notre “éveil”, c’est même plutôt le contraire. Il s’agit généralement d’une étape nécessaire sur notre chemin que de se perdre dans ces réalités là. Je l’ai vécu personnellement plusieurs fois, cela fait probablement partie du processus.

Être conscient.e c’est donc pour moi oser être honnête avec nous-même pour regarder les histoires que nous nous racontons et les croyances que nous avons.

C’est rencontrer les émotions et les parts de nous pour les ressentir, les réintégrer, les libérer ou les transcender.

C’est s’asseoir dans le tourbillon de nos souffrances pour retrouver le centre de qui nous sommes.

C’est la lucidité que nous développons dans nos réactions et dans nos choix.

Et à partir de là, c’est qui nous choisissons d’être et comment nous décidons d’agir ICI et MAINTENANT.

Dans nos relations.

Dans nos projets.

Dans nos décisions.

Dans notre communication.

Tout en gardant une connexion à notre verticalité, en trouvant cet équilibre si cher à mon cœur entre l’incarnation et la connexion, la verticalité et l’horizontalité.

Si nous ne sommes pas incarnés, engagés dans notre vie, c’est que notre “spiritualité” est une fuite qui nous empêche de faire face à ce qui est présent en nous réellement. Qui nous empêche de nous regarder vraiment.

Dans notre humanité imparfaite.

Dans nos terreurs profondes.

Dans nos angles morts.

Dans notre vérité brute.

Lorsque nous nous identifions (qu’on se l’avoue ou non) comme “éveillé.e”, “spirituel.le”, ou autre, du fait de nos connaissances ou de nos expériences alternatives, et que nous affichons notre détachement, sagesse apparente ou savoir supérieur, nous pouvons facilement nous cacher derrière un masque.

Celui du déni de notre humanité, de ses peurs, traumatismes et autres espaces inconfortables.

C’est une couche de protection - souvent traumatique - qui empêche la maturation.

Une façon de contourner les véritables sujets.

D’éviter un honnête plongeon intérieur.

Le véritable développement de la conscience se fait donc selon moi lorsque notre lucidité et notre honnêteté grandissent.

Ce qui développe petit à petit notre maturité. A la fois par le développement de notre capacité à ressentir et nommer ce qui est VRAIMENT PRÉSENT en nous et par notre possibilité d'agir différemment dans le RÉEL.

Lorsque nous reconnaissons nos plus grandes peurs, elles ont paradoxalement moins de pouvoir sur nous. Les éviter, ne fait que renforcer leur contrôle inconscient sur notre vie. Il y a plus de conscience chez quelqu’un qui osera s’avouer ses peurs que chez quelqu’un qui se dit au dessus de la peur.

La conscience humaine a besoin de lucidité, d’honnêteté. Pas de contournement spirituel.

Car sans cela nous restons dans un rêve déconnecté qui nous empêche d’être vraiment présents à ce monde.

Cela demande un grand courage dans cette ère de développement personnel où nous sommes trop souvent poussés à être “indépendants”, “détachés”, “forts et puissants”, “sages”, etc. Et où les profondes souffrances et les véritables besoins humains sont souvent niés.

Il ne peut y avoir de maturité sans vérité.

Ni de bonheur et de joie sans authenticité.

Soyons des humains honnêtes et conscients, plutôt que des sages apparents, afin de laisser l’amour circuler dans tous les espaces de notre existence,

©Laura Gleizes

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